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Interview d'une participante du NUMEFA

“L’évaluation formative grâce au numérique” – Interview avec Marjorie

Aujourd’hui on se retrouve pour discuter de l’engagement de Marjorie dans le NUMEFA, et de son projet.  

On découvre une nouvelle participante et un nouveau projet qui s’articulera cette fois-ci autour de l’évaluation formative. Pratique importante dans un schéma d’apprentissage, qui permettra à l’apprenant, à l’élève d’évaluer son niveau, ses difficultés.  

Notre apprenante du jour vous explique le cheminement de son projet, et ce qui l’a poussée à s’inscrire au NUMEFA.

Bonne lecture/bonne écoute à toutes et à tous !

Laurent : Avant toute chose, est-ce que tu pourrais expliquer aux personnes qui nous écoutent, qui nous lisent, qui tu es ? Quelle fonction est-ce que tu occupes ?  

Marjorie : Je suis régente littéraire depuis 26 ans maintenant, mais j’enseigne depuis plus de 20 ans dans l’enseignement primaire au cycle 4, en co-titulariat français, et depuis 3 ans je suis devenu « Madame numérique », c’est-à-dire que j’ai, cette année, 22 classes en numérique de la 3e maternelle à la 6e primaire.  Je suis également référente numérique de mon établissement. Donc quand il y a un souci technique numérique, on crie au secours, et on appelle « Madame numérique ».

Laurent : C’est vraiment une fonction importante parce que généralement les référents numériques sont encore plus sollicités depuis le confinement. Dans ton école, comment est-ce que tu réussis à t’organiser pour à la fois être référente et aussi dans tes classes ? 

Marjorie : C’est 2 boulots à part entière et je dors peu. J’essaye vraiment de m’adapter aux projets des collègues. En fait, dans mon « aquarium numérique » (c’est mon local), j’essaie vraiment d’apporter la plus-value numérique aux projets qui sont en cours. Ce n’est pas toujours possible, cela dépend du projet, des classes.

C’est une grande école. On a pratiquement 700 élèves, donc c’est difficile de de convenir à tout le monde, mais j’essaye vraiment de m’adapter. Ça peut aller de la programmation, de la phonologie chez les plus petits, à un journal d’école numérique avec les plus grands.

Référente numérique, c’est aussi par exemple pouvoir expliquer comment passer à une adresse professionnelle (on a fait cela en début janvier), ça a été un petit peu compliqué (nous sommes plus de 40 personnes du personnel). C’est également gérer la page Facebook de l’école, régler les petits soucis.

Je tente aussi de motiver mes collègues à utiliser les iPads et les Macbooks que l’on a gagnés puisqu’on est 3 fois lauréat « École numérique ».

Et donc c’est être là aussi en support dans la classe, c’est répondre aux questions le soir, les week-ends, les congés.

Laurent : Félicitations parce que c’est vraiment être multitâches. Je sais bien que parfois ça nécessite une bonne organisation. Pour faire le lien avec le NUMEFA, ça t’apporte aussi des choses dans ton quotidien ? Pourquoi t’y être engagée ? Pourquoi avoir voulu suivre ce certificat ?  

Marjorie : Parce que je pense que c’est vraiment un nouveau travail, une nouvelle fonction qui est en train de se développer. On parle des nouveaux programmes qui vont arriver en 2023 et je trouve que c’est très ambitieux au niveau du numérique et donc je me dis « je fais déjà un peu le travail » et je n’ai pas envie qu’on engage des techno-pédagogues par exemple, pour faire ce travail à partir de 2023, alors que je suis déjà là et que je me forme.

Je suis quelqu’un d’autodidacte, je me forme. Et donc je trouvais vraiment ce prototype de certificat universitaire vraiment très intéressant.

J’avais déjà créé un projet qui était donc cet « aquarium numérique » qui est mon local et je voulais vraiment me mettre à disposition des collègues et proposer différents projets numériques « à la carte ».

Je voulais également voire d’abord si j’étais dans le bon, si ce que je faisais « était correct » et progresser bien évidemment.

Laurent : Ce qui est top, c’est que tu me parles toi aussi directement de pédagogie par projet, de ta classe « aquarium » par exemple. Je sais bien qu’au NUMEFA vous devez justement réaliser un projet. Est-ce ce projet que tu y développes ou bien s’agit-il d’un autre ?  

Marjorie : Alors évidemment au départ, mon projet n’était pas précis. Je pense que le projet de tout le monde dans le NUMEFA, en tout cas des collègues, c’est de développer vraiment l’utilisation de l’outil numérique et de développer les compétences de ses collègues, car le numérique généralement ça fait peur.

Il y a des personnes qui sont réfractaires parce que le numérique, « c’est mal » ou alors parce qu’ils ne se sentent pas doués du tout. Ils pensent ne pas avoir les compétences et donc ici, j’ai envie de développer dans mon projet l’évaluation formative numérique dans les classes de l’école et donc par ce biais, développer les compétences numériques de mes collègues.

Laurent : Lorsque tu dis « développer » l’évaluation formative ? Comment t’y prends-tu concrètement ?  

Marjorie : Par exemple, l’année dernière avec la pandémie, il y avait vraiment une pénurie d’enseignants, de collègues et j’ai dû reprendre 2 classes de 4e. C’était la première fois que je faisais une 4e de toute ma carrière.

Je remarque que je n’enseigne plus du tout comme avant, puisque j’avais mon aquarium, j’avais les iPads à disposition et donc j’ai pu tester par exemple Wooclap, Kahoot pour de petites évaluations formatives sur la préhistoire, sur le carnaval.

Et ça fonctionne ! Les enfants se sont tellement pris au jeu, que les parents ont demandé les liens des Kahoot pour pouvoir réviser à la maison. Je trouvais que c’était vraiment une facilité pour le travail, grâce à la plus-value effectivement en numérique.

Au niveau du temps consacré par exemple aux corrections, à la fin du Kahoot, j’ai accès à mon tableau Excel avec les résultats de mes élèves. Je sais exactement qui je vais devoir aider le lendemain et avec qui je vais devoir remédier plutôt que de rentrer avec une pile de corrections à la maison. Je peux consacrer du temps à la remédiation. Je l’ai testé, ça fonctionne et donc je voulais vraiment développer cela auprès de mes collègues.

Laurent : Personnellement, que t’apporte ce type de projet ?  

Marjorie : Personnellement, énormément parce que j’avais déjà proposé des formations, des mini formations qui se font sur les temps de midi à l’école (sur Book Creator par exemple). Mais je n’avais pas forcément de retour parce que je m’y prenais certainement mal.

J’ai appris énormément de choses, comme réaliser un questionnaire de satisfaction à la fin ma présentation et comprendre quel est le moment le plus opportun pour le partager. J’ai vraiment grâce à cela un ressenti qui est beaucoup plus précis qu’avant.

On ne se rend pas toujours compte du ressenti de notre public. On dit « oui, merci, OK, je vais essayer » et puis il n’y a pas de suivi. Maintenant par exemple, je mets à disposition un mur collaboratif, des tutoriels vidéo, un questionnaire de satisfaction. Cette semaine, j’ai une collègue qui a testé Wooclap et j’ai son retour après l’intégration de l’outil en classe. Cela me permet de réguler, d’apporter mon support, mon soutien. Le NUMEFA m’a vraiment appris à développer cela.

Laurent : Génial, parce que je sais que d’autres en nous écoutant, vont peut-être avoir aussi l’envie de se lancer dans ce type de projet et dans ce certificat. Quels conseils leur donnerais-tu ?  

Marjorie : De participer, de s’inscrire tout de suite. Vraiment. C’est un chouette projet. Ça m’a fait sortir un peu de ma zone de confort. Je pensais apprendre énormément au niveau numérique mais en fait je n’ai pas découvert énormément de nouvelles applications, mais au niveau pédagogie, ça m’a apporté énormément.

Maintenant, je sais que d’autres ont fait le master en sciences de l’éducation, ce qui n’est pas mon cas. Je me trouve un peu vieille pour le faire.

J’étais un peu septique par rapport aux enquêtes de satisfaction dont je parlais juste avant. Je ne voyais pas l’intérêt, ça prend du temps. Et franchement, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Je me vois vraiment avancer et je vois aussi mes collègues avancer, et donc ça c’est vraiment satisfaisant.

Il ne faut surtout pas hésiter à s’inscrire. On apprend plein de choses. Et puis c’est chouette aussi de se retrouver avec des gens qui vivent la même chose, la même situation dans leur établissement.

Le fait d’être hyper motivé, de partir parfois dans tous les sens, d’avoir les mêmes réactions de collègues qui ont peur ou qui sont réfractaires tout simplement numérique, ça fait du bien aussi de pouvoir en discuter et de pouvoir trouver des solutions.

Laurent : C’est vraiment un très chouette retour et c’est beau pédagogiquement ce que tu dis. Un tout grand merci Marjorie pour ces explications !  

Article rédigé par l’équipe Teach Transition

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