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Teach Transition

La COP en vitesse de croisière

C’est le 22 septembre dernier que la nouvelle formation supérieure en technopédagogie a été présentée officiellement au cours d’une soirée virtuelle organisée dans GatherTown. L’un des maillons essentiels du nouveau certificat est la Communauté de Pratiques, lisez CoP, lancée lors de la journée de démarrage du projet Interreg – Teach Transition voici maintenant un an.

Après un an de recherche, de coordination entre partenaires et à la mi-temps du projet, l’espace virtuel GatherTown a accueilli une centaine de participants lors de la présentation d’un double parcours de formation supérieure : un diplôme en France, monitoré par l’Université de Lille et un prototype de certificat belge, supervisé par l’Université de Mons.

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Deux formations prototypes

Le NumEFA, c’est son nom, a pour vocation de former les enseignants et les formateurs dans le domaine des technologies éducatives et de les accompagner dans la production d’un projet de formation incluant les TICE. Sur le versant belge, le parcours mis en place sera testé et évalué grâce à deux formations prototypes dont la première a débuté en octobre dernier. L’un de ses ingrédients majeurs est la CoP, la Communauté de Pratiques, initiée le 12 novembre 2020 lors du lancement du projet Teach Transition.

Bâtir une communauté apprenante

Ce jour-là, 12 ateliers sont organisés dans les locaux de Technofutur TIC dont l’un intitulé « Bâtissons une communauté apprenante » est piloté par deux des porteurs du projet, Jonathan Ponsard, responsable de l’EduLAB pour Technofutur TIC et Sabrin Housni, Assistante de recherche dans le service d’ingénierie Pédagogique et du Numérique Éducatif pour l’UMONS. « Avec Sabrin » explique Jonathan Ponsard au micro de GatherTown, « on avait envie d’essayer un atelier un peu particulier dont l’objet était de bâtir une communauté apprenante. L’expérience a débuté avec une vingtaine de personnes l’année passée. Aujourd’hui, l’espace compte plus de 80 participants. L’idée est de construire un espace où tout le monde peut apprendre quelque chose à quelqu’un et où tout le monde peut apprendre de quelqu’un. C’est de se dire que, tous ensemble, on peut échanger, collaborer, trouver des solutions. »

Ouverte à toute personne intéressée par la technopédagogie

Dans la CoP, on trouve des enseignants (du maternel au supérieur) mais aussi des professeurs d’universités et des membres d’ASBL éducatives. Cette communauté se retrouve au cours de cycles de rencontres. Trois cycles de trois soirées sont programmés d’ici mai 2022. La recette est toujours la même. Une thématique est choisie par les participants puis s’en suit un échange d’expertises qui va déboucher sur des objets concrets en lien avec ce qui a été choisi. Jonathan Ponsard : « Par exemple, c’est la thématique du portfolio qui a été retenue dans un des derniers cycles de la CoP et l’objet concret qu’on est en train de construire, c’est une grille de comparaison des différents outils de portfolio afin de pouvoir les expérimenter sur le terrain. »

Sabrin Housni

Sabrin Housni

« Ce qui est important à savoir, c’est que cette CoP est indépendante du NumEFA. Elle est ouverte à toute personne intéressée par un espace d’échange d’expertise et de retours d’expérience sur la technopédagogie. »

Le numérique au service des apprentissages

Catherine Chenot et Aurore Martin font partie des enseignantes qui ont rejoint la CoP dès le début.
Au départ, Catherine est régente français langue étrangère. Elle enseigne depuis 17 ans à l’Athénée Royale de Neuchâteau Bertrix.

« J’ai suivi voici quelques années un master en sciences de l’éducation. C’est là que rencontré Aurore. Elle m’a vraiment poussé vers l’enseignement numérique. J’avais bien un tableau interactif, je m’intéressais à la question. En quelque sorte, j’étais en recherche mais je ne connaissais pas encore grand-chose. Et puis Aurore m’a parlé des projets écoles numériques. J’ai eu la chance d’être lauréate. Dans le cadre de nos études, nous devions trouver un stage en formation d’adultes. Il se fait que nous avons suivi une formation de technopédagogie à l’EduLAB. Le formateur, Sébastien Reynders, nous a proposé un stage dans l’organisation de la première édition wallonne de Ludovia en 2019. On a plongé les deux pieds dans l’aventure. Nous nous sommes rendus à Ax-les-Thermes au mois d’août pour découvrir l’édition française. C’est quelque chose qu’on ne connaissait pas du tout. Cela nous a ouvert un nouvel horizon. On a rencontré un tas de personnes qui travaillent avec le numérique au service des apprentissages ! »

Catherine Chenot

Catherine Chenot

Aurore Martin

Aurore Martin

De la CoP au NumEFA

Catherine Chenot : « La bande de Ludovia, c’est un peu la bande de l’EduLAB. On est resté en contact. Lorsque la CoP s’est présentée à nous, c’est tout naturellement que nous nous sommes inscrites. Les soirées d’échange y sont toujours très conviviales. A chaque fois, on apprend à utiliser les outils. Ce sont des moments de partage plus que de l’enseignement formel, ce qui les rend d’autant plus intéressants. A chaque fois, on en retire quelque chose de nouveau. Aurore et moi avons été intervenantes dans l’une des soirées consacrées à la motivation des enseignants. C’est le thème de notre mémoire commun. On y réfléchit à comment outiller et motiver les équipes éducatives afin d’intégrer le numérique dans les classes. Les inscriptions au NumEFA ont été ouvertes alors que Aurore et moi avions terminé notre Master. Nous avons rentré un dossier et nous voilà inscrites au NumEFA. Nous sommes ravis de participer à sa construction. »

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3 ingrédients pour la motivation

Aurore Martin enseigne les sciences et la programmation au moyen de LEGO Mindstorm EV3 Ecole secondaire libre de Saint-Hubert. Aurore bénéficie également de 4 heures de coordination en tant que DRN (Délégué Référent Numérique) pour former ses collègues et mettre les élèves et les parents « dans le train du numérique ». « Ce qui ressort de notre mémoire ? Pour être intrinsèquement motivé, il faut trois choses. Un sentiment d’appartenance tout d’abord, d’affiliation à un groupe ; ce qui est le cas par exemple lorsque l’on se trouve dans une classe, un auditoire ou… dans la CoP. Il est vraiment important de créer un esprit de groupe. Il faut ensuite un sentiment de compétences. Cela se travaille évidemment petit à petit. On se dit mais oui je suis capable de faire des choses, on se dit j’ose et je me lance. »

Des lieux d’apprentissages informels

« Mais pour ce faire, il faut que les enseignants aient à leur disposition des outils, des moyens, des lieux pour pouvoir intégrer tous ces apprentissages informels. Catherine Chenot : « C’est ce qu’on appelle les affordances. Il faut aussi revenir dans le contexte de la pandémie. C’est très bien d’avoir recours au numérique mais en septembre 2020, le constat a été sévère. Comment faire sans connexion Internet de qualité, sans matériel pour les élèves, sans formation pour les enseignants. La nécessité de mettre en place des lieux informels de formation où l’on peut développer l’utilisation du numérique dans les classes apparaît aujourd’hui comme une évidence. Cela ne l’était pas avant la crise sanitaire. »

Ouverture et pédagogie active

Jonathan Ponsard

Jonathan Ponsard

Jonathan Ponsard : « Là où l’on amène une certaine expertise, c’est dans l’ouverture et la pédagogie active, le fait qu’on centre nos formations sur les besoins des apprenants. Cela vaut pour le certificat où les gens vont venir avec un projet qui va se construire au fur et à mesure du parcours tout comme cela vaut pour nos formations en technopédagogie où des espaces et des outils, le portfolio notamment, sont mis en place avec l’idée que les enseignants puissent réfléchir et infléchir la formation qu’ils suivent, collecter leurs sentiments, leurs difficultés et leurs réussites pour les consigner ensuite et les disposer dans une bibliothèque ouverte à tous les participants. »

Tendre à l’autonomie

Aurore Martin : « Le troisième volet de la motivation, c‘est le besoin d’autonomie. L’idée est de partir du sentiment d’appartenance à un groupe et de pouvoir échanger pour devenir autonome dans l’utilisation du numérique. En ce sens, le numérique est un formidable auxiliaire pédagogique. Il permet aux élèves de s’exprimer autrement, dans d’autres rythmes, de créer des nouvelles dynamiques. Le numérique permet de gagner énormément de temps qu’on peut passer à des apprentissages informels, riches de montée en compétences et en autonomie. On tient vraiment à partager ces ressources et le NumEFA va nous permettre de le faire avec encore plus de légitimité. De mon côté, je compte prolonger le sujet de notre mémoire, mais avec les élèves comme sujet. À savoir tenter grâce au numérique de donner un coté informel (en apparence) aux apprentissages de sciences afin de rencontrer les besoins (sentiment de compétence, affiliation…) permettant de générer chez eux plus de motivation à l’apprentissage. »

Tiers lieu éducatif

La CoP pourrait bien être l’un de ces espaces d’échanges où le projet sera réfléchi et enrichi. Si je devais définir la CoP, je dirais que c’est un tiers lieu éducatif. On y apporte la même chose que ce qu’on y reçoit : du partage de connaissance. Ce qui est sympa et précieux à la fois, c’est qu’on s’y trouve sur un parfait pied d’égalité, en venant d’horizon et de niveau très différents, du maternel au primaire en passant par le supérieur. »

Article rédigé par Jean-Luc Manise

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